Faute de place ou de moyens,
nombre de jeunes handicapés français sont placés en Belgique. Mais la qualité
des soins est-elle au rendez-vous ?
Mon fils, âgé de
16 ans, est atteint du syndrome de Cornelia de Lange, une maladie rare qui se
manifeste notamment par des automutilations. Lorsqu'il se sent mal à l'aise ou
menacé, il s'inflige des morsures", explique notre lectrice.
A la suite d'une
crise particulièrement grave, l'adolescent a été exclu de l'institut
médico-éducatif (IME) dans lequel il était accueilli en externat. Selon
l'association Autisme France, il n'est pas rare que des jeunes atteints de
troubles du comportement soient renvoyés chez eux dès qu'ils ont dépassé l'âge
de l'obligation scolaire.
Depuis lors, notre
lectrice, mère de quatre enfants, a dû cesser de travailler pour s'occuper à
plein temps de son fils, et se trouve dans une situation difficile. La maison
des personnes handicapées (MDPH), qui fait office de guichet unique en la
matière, n'a pu lui proposer qu'un placement en Belgique.
Après avoir visité
l'établissement, notre lectrice reste réservée : "Les locaux sont
superbes, mais les nombreuses salles d'activités et de motricité restent
désertes. Les dortoirs des enfants sont spartiates, et l'optique de la
direction m'a paru très commerciale : l'établissement ne reçoit que des
Français,et vit des contributions de la Sécurité sociale."
Le code de la
Sécurité sociale (articles L332-3 et R332-2) prévoit une dérogation pour la
prise en charge des soins dispensés hors de France. Les caisses régionales
d'assurance-maladie (CRAM) ne paient pas plus cher que pour un hébergement en
France, et les établissements belges sont gagnants car les prix de journée
français (de 120 à 300 euros) sont supérieurs au prix moyen belge (80 euros).
"Chez nous, le
financement est global et annuel. L'éducateur spécialisé polyvalent est le
pivot du système, et le personnel paramédical plus réduit, ce qui explique la
différence de coût", indique Jean Riguelle, de
l'Agence wallonne pour l'intégration des personnes handicapées (Awiph).
Jour
férié : l'AD-PA demande une audience au Président de la République
Suite
à la démonstration faite par l'AD-PA sur les détournements par les Pouvoirs
Publics des crédits du jour férié, l'Etat a publié un communiqué de réponse.