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La suppression de l'exonération accroît les inquiétudes des acteurs de l'aide à domicile

Publié le mercredi 8 décembre 2010 sur localtis.info

Le gouvernement a finalement obtenu gain de cause : les exonérations de cotisations sociales pour les employeurs du secteur des services à la personne (particuliers et entreprises) seront bien supprimées, au nom du rétablissement des comptes budgétaires et sociaux. Alors qu'un amendement adopté par le Sénat supprimait purement et simplement l'article 90 du projet de loi de finances (PLF) pour 2011, rétablissant ainsi la totalité de l'exonération, le gouvernement a demandé, en fin d'examen du PLF, une seconde délibération sur l'amendement sous la forme d'un vote bloqué. Les sénateurs se sont exécutés et ont voté, le 7 décembre, la suppression de l'amendement en question, juste avant d'adopter l'ensemble du PLF 2011.

Un scénario identique s'était déroulé trois semaines plus tôt à l'Assemblée nationale sur un amendement pourtant plus modeste, puisqu'il se contentait de ramener de 15 à 10 points de cotisations sociales l'abattement forfaitaire dont bénéficient actuellement les particuliers employeurs cotisant sur l'assiette réelle. Le texte du Sénat étant désormais identique à celui de l'Assemblée, la commission mixte paritaire, qui doit se réunir le 13 décembre, se bornera à entériner l'article. Fait inhabituel : le Premier ministre est personnellement intervenu pour convaincre les récalcitrants, en affirmant, devant le groupe UMP, qu'"il n'est pas question d'alourdir d'un euro de plus le déficit budgétaire". Il est vrai que l'enjeu est de taille, puisque la suppression de l'exonération doit engendrer pour le budget de l'Etat une économie de 460 millions d'euros dès 2011 et de 700 millions d'euros en année pleine. Ce gain est toutefois en partie artificiel, puisque les particuliers, qui verront leur dépense augmenter du fait de la suppression de l'abattement sur les cotisations, reporteront une partie de cette dépense supplémentaire sur le dispositif de déduction fiscale en faveur des emplois familiaux (sauf s'ils sont déjà au plafond).