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Petite
révolution dans le monde de l'agrément (source ANSP) Un nouveau mot va apparaître dans le vocabulaire des services à la personne : le mot de "déclaration". Une notion à ne pas confondre avec celle d'agrément, qui fera elle-même l'objet d'un toilettage. Objectif : simplifier le régime en place.
Deux décrets
publiés le 22 septembre dernier (1) modifient en profondeur le
régime de l'agrément. A partir du 22 novembre, on ne fera plus la distinction
entre agrément simple et agrément qualité. On parlera désormais d'agrément tout
court pour les activités auprès des publics fragiles. Le décret introduit aussi la notion de "déclaration".
La déclaration vaut aussi bien pour les activités soumises à agrément que pour les autres (dans ce cas, elle remplace l'agrément simple actuel). Point essentiel : elle est facultative et son effet n'est pas limité dans le temps. Mais cette déclaration est indispensable pour pouvoir bénéficier des avantages sociaux et fiscaux liés à une activité de services à la personne (3). Dans le cas des organismes agréés, l'agrément doit précéder la déclaration, même si les deux démarches peuvent être menées en parallèle. Pour résumer : Publics fragiles = agrément obligatoire + déclaration facultative (mais conseillée pour les avantages fiscaux)
Publics non
fragiles = déclaration facultative (mais conseillée pour les avantages fiscaux) La déclaration supposera le respect de la condition d'activité exclusive (CAE). Autrement dit, l'engagement de l'organisme de ne pas avoir d'autre activité qu'une activité de services à la personne. En revanche, la CAE ne sera plus une condition de l'agrément, même si elle continuera à peser sur les organismes qui en bénéficient via la déclaration. Les organismes qui enfreindront cette règle s'exposeront à un retrait de leur déclaration pendant un an.
« Une simplification des procédures »
Le nouveau régime qui entrera en vigueur le 22 novembre (deux mois après la publication des décrets, le 22 septembre) découle de l'application du plan 2 de développement des services à la personne et de la transposition en droit français de la directive européenne Services.
Aux yeux de
Marie-Pierre Le Breton, ces nouvelles dispositions sont placées sous le signe
de la « simplification » et de « l'assouplissement » des
procédures. Celle-ci souligne par exemple que « le dossier de déclaration sera
plus simple que le dossier d'agrément », avec des renseignements à fournir
aussi basiques que la nature de l'activité et le statut juridique du demandeur.
La procédure sera aussi plus rapide : les services déconcentrés de l'Etat
seront invités à délivrer sous huit jours ouvrés le récépissé de déclaration,
contre deux mois pour l'agrément simple, dès lors que le dossier est complet.
Autre progrès : la déclaration sera valable sans limitation de durée là où
l'agrément était valable cinq ans (renouvelables).
Les autres nouveautés
Les deux décrets apportent d'autres modifications au
dispositif des services à la personne. Aucune activité de services à la personne n'est ajoutée ou retranchée de la liste. On en compte toujours vingt et une, même si le décret 2011-1133 opère une distinction entre enfants de moins de 3 ans et de plus de 3 ans pour la garde à domicile et l'accompagnement dans les déplacements. La raison en est qu'un agrément est nécessaire pour s'occuper des premiers et qu'une déclaration suffit pour les seconds. Seul changement notable : les soins d'esthétique à domicile pour les personnes dépendantes n'exigent plus d'agrément, mais tombent dans le dispositif de la déclaration facultative. Bientôt un nouveau cahier des charges Le premier cahier des charges relatif à l'agrément qualité date de novembre 2005. Six ans plus tard, une nouvelle version s'apprête à voir le jour. Quelques ajustements sont à en attendre. Ceux-ci découlant d'une part de la publication des deux récents décrets régissant le secteur des services à la personne, d'autre part du retour d'expérience des acteurs de terrain. Ces derniers se sont réunis à trois reprises en mai et juin sous l'égide de l'ANSP. Le futur cahier des charges concernera les organismes bénéficiant ou souhaitant bénéficier d'un agrément (ex-agrément qualité), à l'exclusion donc de ceux qui ne sont soumis qu'à une déclaration facultative. Tout comme la première version, il fixera le cadre réglementaire auquel doit se conformer tout opérateur intervenant auprès d'un public fragile. « Le nouveau document tendra à renforcer la clarté, la lisibilité et l'accessibilité du premier », commente Sabine Jeuch, responsable de l'action sociale à l'ANSP. Deux exemples : les obligations spécifiques aux mandataires seront mieux précisées. De même, le texte mentionnera que telle ou telle disposition ne s'applique pas à la petite enfance lorsque la problématique relève uniquement des personnes âgées ou handicapées.
(1)Décrets nos 2011-1132 et 2011-1133 du 20 septembre 2011 modifiant certaines dispositions du code du travail relatives au chèque emploi-service universel et aux services à la personne. (2) Sont considérés comme publics fragiles ou vulnérables aux termes des décrets : les enfants de moins de 3 ans, les personnes âgées, les personnes handicapées, les malades, et plus généralement « les personnes dépendantes », celles qui ont « des difficultés de déplacement » ou « qui ont besoin d'une aide personnelle à leur domicile ». (3) Avantages fiscaux : TVA à 5,5 % et crédit ou réduction d'impôt de 50 %. Avantages sociaux : allègement de charges Fillon comme pour n'importe quel employeur. |










